Lettre de monsieur Roger KARAMPOURNIS, un des membres fondateurs de l'A.F.C.VM.

En 1954, la Normandie meurtrie continuait de panser ses plaies. Le premier de ces musées qui allaient consteller la région venait d'être inauguré à Arromanches (14), par Raymond TRIBOULET, premier Préfet des territoires libérés, devant ces caissons immergés, derniers vestiges du port Mulberry. D'innombrables chantiers se développaient pour remplacer les ruines causées par les batailles de la libération ou les bombardements alliés. Quelques façades encore debout portaient les égratignures des rafales de déflagrations reçues durant les derniers combats.

      Ce n'est qu'à la fin de juillet 1944, que la petite ville d'Houlgate (14) avait été libérée par la brigade belge du Major PIRON, sans avoir connue les violences de la guerre. Tout respirait le calme et c'était pour nous le point de départ idéal pour visiter, dix ans après, tous ces hauts lieux marqués à jamais par une multitude d'actes héroïques, ou empreints de tant d'émouvants souvenirs. Ma passion pour cette période exceptionnelle de notre histoire se nourrissait du fait que mes seize années m'avaient empêché de rallier cette Première Armée qui se renforçait d'éléments du maquis où j'avais séjourné quelques mois en compagnie de réfractaires du S.T.O. (1), et de mon cousin Nicolas, plus âgé que moi, qui avait eu la " chance " d'être incorporé au mont Valérien en septembre 1944, pour finir la guerre avec honneur (deux blessures) jusqu'en mai 1945.

      En particulier, chaque année le 06 juin, je retrouvais ces théâtres d'exploits illustres où j'identifiais le général GALE à Pegasus Bridge et madame GONDRE et son café plein d'émouvants souvenirs, quand je n'étais pas à Sainte Mère Eglise au milieu des survivants des deux divisions américaines qui arboraient avec fierté toutes ces décorations qu'ils avaient tant mérité.

      J'étais aussi très admiratif de ces véhicules militaires qui stationnaient là, je l'appris plus tard, conduits par des membres d'une association britannique qui revenaient sur ces lieux pour perpétrer le souvenir de cette épopée qui allait précéder la libération de l'Europe envahie par l'oppresseur allemand.

      D'où l'idée de créer une association française qui pourrait, à son tour, magnifier ces "outils " qui s'étaient révélés indispensables, maniés par de valeureux soldats, issus de plusieurs pays libres.

 

De retour en Seine et Marne (77) où j'habite toujours, je rencontre Michel BOLAND (décédé depuis) et quelques uns de ses amis et nous jetions les bases d'une association type loi 1901, et notre première démarche auprès de la préfecture de Seine et Marne (77) à Melun remonte au 25 février 1977, tandis que l'homologation définitive prenait place au 8 mars 1977.

Plusieurs années durant, l'A.F.C.V.M. (2), le nom choisi, organisa des rencontres, bourses d'échange, mais surtout chaque année ces " convois du souvenir " qui regroupaient de 30 à 60 véhicules, conduits par leur propriétaires adhérents à l'association, qui avait pour thèmes : les débarquements de Normandie et de Provence, la campagne d'Alsace ou la contre-attaque allemande des Ardennes en décembre 1944.
Ces convois étaient très difficiles à mettre au point, en raison notamment du nombre de départements traversés, des haltes à prévoir, des incidents dont étaient souvent victimes les véhicules, ou des réceptions.

  

Les années passèrent et ayant perdu de vue des responsables comme messieurs BOLAND ou THEVENON, c'est mon petit-cousin Nicolas, le fils de mon compagnon de 1944, qui me fit parvenir la coupure de presse du journal " Les nouvelles ", datée su 1er septembre 2004, où un article relatait la libération du village de la Boissière Ecole, survenue 60 ans auparavant, et rendait compte de la présence de l'A.F.C.V.M. parmi les cérémonies commémoratives.

C'est avec un immense plaisir, que je découvrais une A.F.C.V.M., conduite par son Président Michel ARGENCE, association qui vivait toujours, et que ses réalisations rapportées son bulletin " Hell On Whells " étaient dignes de tous les éloges.

 

Je souhaite que l'AFCVM continue longtemps à prospérer, témoin pour nos enfants du devoir de mémoire.

 

Roger KARAMPOURNIS


(1)      : S.T.O : Service du Travail Obligatoire
(2)      : A.F.C.V.M. : Association Française des Collectionneurs de Véhicules Militaires.

 



afcvm_cr_activites_decennal__1975_1985_ par Michel BOLAND

afcvm_programme_sortie_11.11.78

convoi du souvenir 1977
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